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Derrière un visage toujours dissimulé et une identité soigneusement tenue à distance, yama a fait du mystère une part intégrante de son univers. Depuis Haru wo Tsugeru, révélé en 2020, sa voix singulière s’est imposée sur la scène J-Music, sans jamais que l’artiste ne se laisse enfermer dans une image ou un genre clairement définis. Chez yama, l’essentiel semble ailleurs : dans la musique, les émotions et cette voix immédiatement reconnaissable qui suffit à faire tomber le masque.
Né de la culture des reprises vocaloid avant de rejoindre le groupe BIN, yama a progressivement façonné un univers où se rencontrent pop, rock et sonorités électroniques. Une identité musicale qui s’est également illustrée à travers de nombreux génériques d’anime, de Ranking of Kings à SPY×FAMILY, en passant par Mobile Suit Gundam: The Witch from Mercury. Plus récemment, l’artiste a retrouvé Vaundy autour de Tsugai: Daemons of the Shadow Realm, dans un jeu de reprises croisées aussi singulier que leur rencontre artistique.
À Japan Expo 2026, c’est pourtant une autre facette de yama que nous avons cherché à découvrir. Derrière le personnage, au-delà du masque et des étiquettes, qui se cache réellement ? À l’occasion d’un entretien exclusif, l’artiste revient avec nous sur ses débuts et la construction de son identité musicale.

Avant votre carrière solo, vous faisiez des reprises vocaloid et faisiez partie du groupe BIN. Qu’est-ce qui vous a donné envie de basculer en solo avec un nouveau nom de scène ?
BIN est un groupe qui a commencé dans le but de s’amuser. Mais je voulais tout de même me concentrer sur la musique et aller plus loin dans ce parcours ainsi que de me centrer sur moi-même. Monsieur Shintarō Fujiwara est venu me parler et m’a proposé d’augmenter notre nombre d’abonnés sur YouTube. C’est comme ça que ma carrière solo a débuté.
Votre carrière solo a connu une ascension très rapide. Y a-t-il eu un moment où vous avez réalisé que votre musique trouvait un véritable écho auprès du public ?
C’est vrai que mon premier single original a eu un rapide succès. Quand j’étais dans ma carrière de reprises, j’avais vraiment beaucoup de mal car je voyais que je n’avançais pas. Mais il est vrai que, quand j’ai sorti Haru wo Tsugeru, la chanson a eu un succès fulgurant. Malheureusement, elle est sortie en plein COVID, une période où les personnes écoutaient la musique uniquement depuis chez eux et où je ne pouvais pas faire de concert. C’était donc assez difficile à réaliser et me rendre compte que des gens aimait ma musique. C’est au moment où j’ai pu faire des concerts que je me suis rendu.e compte que les gens écoutaient ma musique.
Votre musique est un mélange de plusieurs influences (pop, rock, électronique et Vocaloid). Comment faites-vous pour que chaque chanson reste malgré tout identifiable comme une chanson de Yama ?
J’ai commencé le vocaloid quand je faisais mes études, mais pour moi le vocaloid n’est qu’une seule de mes nombreuses racines. Avant ça, j’écoutais beaucoup de styles différents comme de la city pop ou du R&B. C’était vraiment ce genre de musique que j’aimais particulièrement. Quand j’ai commencé le vocaloid, cela m’a permis de mieux comprendre ce que j’aimais dans la musique. Mon style est quand même assez spécial même si il est influencé par la pop et je crois que l’unicité de mon style est surtout la mélodie ainsi que les paroles. Je travaille pour ça à l’instinct, ce qui me plaît va instinctivement me transmettre ce qui va identifier mes chansons.
En mars 2026, vous avez sorti l’EP C.U.T, qu’avez-vous voulu transmettre à travers les chansons de cet album ?
Quand je faisais des reprises vocaloid, mon principal public était les personnes qui traînaient sur internet, donc c’était un style facile à écouter pour beaucoup de personnes. Mais quand j’ai voulu retourner à mes racines et creuser un peu plus de ce côté, j’en suis arrivée à ce titre C.U.T. qui signifie « Chill Out, Urban and Tender », qui est en raccord avec le style de musique que j’aime beaucoup. Ces trois idées ont vraiment servi de pivot pour la composition de cet EP surtout qu’il n’était pas du tout prévu pour un anime, c’est vraiment un projet original. C’était pour moi, comme une étape pour me renouveler et présenter au public une nouvelle facette de Yama.
Parmi les titres de C.U.T, lequel recommanderiez-vous ?
Ma première réponse serait toutes ! C’est difficile de choisir une seule chanson, mais je pense que celle qui a le message le plus important est sanagi. Cela fait 5-6 ans que j’ai lancé ma carrière et je pense que cette chanson est le reflet de ces premières années. Cependant je veux transmettre à travers cette chanson que je vais prendre mon envol à partir de cet album.
Avez-vous un dernier mot pour votre public français ?
C’est la première fois que je viens en France et que je viens faire un concert, j’ai donc hâte d’être au concert de ce soir et j’espère que d’autres occasions se représenteront pour rencontrer un public français. J’espère également que le public écoutera encore longtemps ma musique.
Merci à yama et Japan Expo pour la tenue de cette interview !
Interview réalisée en collaboration avec KAvenyou et Nautiljon.