[INTERVIEW] Kenji Itoso et Kazuya Kamenashi font redécouvrir le vin aux Français avec l’anime “Les Gouttes de Dieu”

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Comment faire ressentir le goût d’un vin à travers une image ? Comment traduire ses arômes, sa texture et les émotions qu’il suscite sans jamais pouvoir le faire goûter au spectateur ? C’est tout le défi relevé par l’adaptation animée des Gouttes de Dieu, œuvre culte imaginée par Tadashi Agi et Shu Okimoto, qui s’offre aujourd’hui une nouvelle vie après le manga et une première adaptation en drama. Pour donner corps à cette nouvelle version, le réalisateur Kenji Itoso s’est entouré d’un interprète qui connaît déjà intimement son personnage : Kazuya Kamenashi, qui incarnait Shizuku Kanzuki dans la série live-action de 2009 et lui prête désormais sa voix. Une étonnante boucle se dessine alors entre l’acteur et son personnage : tandis que Shizuku découvre peu à peu les secrets du vin, Kazuya Kamenashi se lançait lui-même, pour la première fois, dans l’univers du doublage.

À l’occasion de leur venue à Japan Expo, nous avons pu rencontrer Kenji Itoso et Kazuya Kamenashi pour échanger autour de cette nouvelle adaptation, de la difficulté de donner une réalité sensorielle au vin par le son et l’image, mais aussi de leur rapport personnel à une œuvre qui mêle avec autant de passion l’œnologie aux relations humaines. Entre interview et conférence de presse, les deux hommes reviennent également sur la genèse de ce projet, la place de la nostalgie dans une adaptation contemporaine et le lien singulier qui unit cette œuvre à la France, terre de l’œnologie.

Bonjour, pouvez-vous commencer par vous présenter ?

Kazuya Kamenashi : Je m’appelle Kazuya Kamenashi, et j’interprète la voix de Shizuku dans Kami no Shizuku (Les Gouttes de Dieu).
Kenji Itoso : Je suis le réalisateur des Gouttes de Dieu, Kenji Itoso.

Les Gouttes de Dieu est un manga très apprécié, mais aussi une œuvre qui développe une approche très sensorielle du vin, et donc réputée comme étant difficile à adapter. Aviez-vous des craintes en commençant à travailler sur ce projet ?

Kenji Itoso : En effet, c’est un projet qui est assez difficile à adapter d’autant plus que nous avons fait le parti pris, en accord avec les auteurs, de retirer quelques éléments de l’œuvre originale. Le fait de travailler avec les auteurs du manga nous a permis d’aboutir à quelque chose de très cohérent, qui rappellerait des souvenirs. Mais il est vrai qu’il est assez difficile de faire ressentir des goûts, des parfums, des arômes et des textures. Donc il était essentiel pour nous d’arriver à trouver le bon équilibre entre le son et l’image. Nous avons donc joué principalement sur ces deux éléments pour parvenir à donner naissance à une forme de réalité olfactive provenant non pas du nez, mais bien de la vue et du son.
Kazuya Kamenashi : Il est vrai que transmettre tout ce que l’on peut ressentir lors d’une dégustation était l’un des enjeux principaux de l’anime. Tous ces aspects peuvent constituer le déclic qui permet de pénétrer dans le monde du vin. Et on souhaite réussir à transmettre ces émotions visuellement.

L’œuvre est connue depuis plus de vingt ans. Comment avez-vous pensé cette adaptation pour satisfaire à la fois les lecteurs de longue date et un public qui découvre Les Gouttes de Dieu aujourd’hui ?

Kenji Itoso : Bien sûr, nous avons voulu satisfaire les premiers lecteurs, mais de la même façon qu’un vin évolue, certains de nos choix ont évolué avec le temps par rapport à l’œuvre originale. Il était toutefois important de concerner le côté nostalgique du manga. C’était l’une des questions à laquelle nous avons dû faire face : “Quels éléments nostalgiques de l’œuvre originale dois-je conserver sans que cela ne soit dérangeant pour l’adaptation de 2026 ?” Pourquoi cette question s’est-elle posée ? Prenons l’exemple de l’immeuble Alta, situé à Shinjuku, représenté dans le maga. Depuis l’année dernière, cet immeuble n’existe plus. C’est pourtant un élément nostalgique qui évoquera des souvenirs à plein de personnes. Il est suffisamment iconique pour raviver cette nostalgie.
D’un autre côté, au Japon existent beaucoup d’effets de mode, des tendances qui changent assez rapidement. Cela peut concerner des lieux ou d’autres choses. Si on avait adapté le manga sans se préoccuper de ces tendances-là, les personnes aujourd’hui n’auraient pas pu s’y attacher ou se projeter dans l’anime, puisque justement, des tendances de l’époque paraissent aujourd’hui très démodées. Donc il fallait jongler entre les tendances de l’époque et actuelles tout en conservant cet aspect nostalgique et en le transposant sur des éléments plus contemporains.

Pouvez-vous nous dire ce qui, en tant que réalisateur, vous a particulièrement intéressé chez Kamenashi Kazuya ? 

Kenji Itoso : Lorsqu’on prépare une série, il est important de voir la totalité des œuvres qui ont été produites. Bien sûr, il y a le manga. Mais il y a également la série. Au fur et à mesure que je me documentais sur les Gouttes de Dieux, j’ai pris conscience que la seule personne qui pouvait interpréter ce rôle était Kamenashi Kazuya. J’ai eu de la chance qu’il accepte ma proposition. De la même façon que Kamenashi-san découvrait le doublage, Shizuku était également débutant dans l’apprentissage du goût du vin. Cette expérience, cette éclosion de connaissances autour du vin peut être mise en parallèle avec l’éclosion de la connaissance du doublage par Kamenashi-san. Je sentais qu’il y avait donc un excellent parallèle à faire autant sur le fond que sur la forme. Un point également important est que Shizuku est un fils de bonne famille qui a reçu une très bonne éducation, et qui est très élégant. Je ressentais également toute la prestance de Kamenashi-san. Il cochait donc toutes les cases pour remplir ce rôle. 

Monsieur Kamenashi, qu’avez-vous ressenti lorsque l’on vous a proposé d’être la voix de Shizuku après avoir interprété son rôle dans le drama ? 

Kazuya Kamenashi : C’était avant tout une très grande surprise car j’étais loin d’imaginer qu’on me demanderait d’interpréter à nouveau ce rôle-là. C’est comme si la roue du destin me rattrapait. Avoir la chance de réinterpréter ce rôle montre que j’ai un lien très fort avec Shizuku. 

 

À l’occasion d’une conférence de presse, le réalisateur Kenji Itoso et le doubleur Kamenashi Kazuya ont donné plus de détails sur les coulisses de la série animée…

Bonjour et merci d’être venus à Japan Expo. Tout d’abord, s’agit-il de votre première fois en France ?

Kenji Itoso : Pour ma part, j’étais déjà venu à plusieurs reprises en France, à l’occasion du festival de Cannes mais aussi pour faire des recherches et préparer l’anime Les Gouttes de Dieu. J’ai donc eu l’occasion de visiter plusieurs vignobles.
Kazuya Kamenashi : La première fois que je suis venu en France, c’était il y a vingt ans déjà. J’ai également fait un reportage lors des derniers jeux Olympiques en 2024. Dans ma sphère privée, je suis également venu avec ma mère.

Le manga original, publié entre 2004 et 2010 avait déjà été adapté en drama. Quelle a donc été votre approche lorsqu’il a été décidé d’en faire un anime ?

Kenji Itoso : Il faut comprendre que depuis que le manga est créé, le vin a subi des mutations. La valeur des différents vins a changé. Il est aussi plus facile de se procurer du vin du monde entier. Ce que j’ai constaté en regardant la série dans laquelle a joué Kamenashi Kazuya, c’est cette volonté de ne pas forcément mettre en avant cet autre monde à travers le vin. Ce qui m’a paru intelligent de mettre en avant via l’anime, c’est donc d’apporter toute la texture, la valeur du vin.

M. Kamenashi, est-ce difficile de faire du doublage pour la première fois ?

Kazuya Kamenashi : C’était ma toute première expérience, je découvrais le métier de A à Z en tant que novice. Mais j’ai eu la chance d’être très bien entouré par toutes les équipes qui étaient présentes, notamment celles qui m’ont enseigné à lire au mieux les sous-titres. C’est grâce à ces équipes que j’ai pu faire de mon mieux.

Avez-vous changé votre manière d’interpréter le personnage par rapport à votre rôle dans la série ?

Kazuya Kamenashi : C’est la façon de jouer qui a été vraiment différente. Lorsque je joue dans une série, je me fais une image du personnage, et c’est cette image qui s’adapte à mon jeu. Là, c’est tout l’inverse. L’image existe déjà et un temps m’a été donné. Je devais également interpréter des émotions prédéfinies et c’est là toute la différence. Aussi, je devais m’adapter au mieux à l’âge de Shizuku. J’ai donc dû prendre une voix plus aiguë. Dès que je rentrais dans le studio d’enregistrement, je m’échauffais la voix avec quelques exercices pour parvenir à poser la voix comme il le fallait.

Chaque épisode adapte un tome du manga. Y a-t-il une raison particulière pour laquelle vous êtes allé aussi vite ?

Kenji Itoso : En fait, c’est assez simple. Très rapidement, lorsque le projet a été préparé, nous avons décidé d’en faire 24 épisodes répartis en deux saisons. Il était aussi important de savoir comment nous allions travailler dans ce cadre que nous nous étions fixé. Avec les auteurs, nous nous sommes demandés à quelle vitesse nous allions travailler. Les auteurs nous ont proposé de travailler différemment au moment du traitement. Nous avons donc choisi de travailler un tome par épisode même s’ il fallait retirer certains éléments. C’est ce qui permet de se plonger complètement dans cet univers tout en traitant les douze épreuves.

Quel a été le moment le plus marquant lors d’une de vos sessions d’enregistrement ?

Kazuya Kamenashi : D’abord, ce sont ces changements d’émotions. Il a fallu passer des larmes à un “Bonjour !” très enjoué en quelques secondes ! On enchaîne les enregistrements et c’est cette flexibilité qu’il faut avoir en moins d’une minute qui est surprenante. Lorsque je me retrouvais en studio d’enregistrement avec une vingtaine d’autres doubleurs, je me disais qu’ils étaient incroyables. Les voir passer d’une émotion à une autre aussi rapidement m’a vraiment marqué ! Un autre moment aussi marquant était la fois où nous nous sommes retrouvés à devoir interchanger quatre micros dans une espèce de va-et-vient incessant. Ces changements en lisant nos scripts étaient assez amusants. Étant donné que nous interprétions une scène de fête, les équipes en fond s’amusaient à faire du bruit, des voix, des sons et c’était vraiment très entraînant !

Dans votre processus de réalisation, suivez-vous le manga original ou avez-vous la possibilité d’ajouter une touche créative plus personnelle ?

Kenji Itoso : Nous avons d’abord vérifié au préalable avec les éditeurs ce que nous étions autorisés à faire. Ils nous ont donné carte blanche, au même titre que pour la réalisation de la série télévisée. Mais je souhaitais suivre au maximum l’œuvre originale. Il y a certains éléments que j’ai pu couper pour l’adaptation mais concernant les nouveautés, on peut parler des épreuves originales qui en ont été agrémentées. Cela s’est fait grâce aux auteurs puisque ce sont eux-mêmes qui les ont créés. Sur l’aspect esthétique, on a fait en sorte que le personnage de Miyabi soit plus mignonne dans l’anime, plus jeune, qu’elle soit plus adaptée à l’animation. Nous avons aussi travaillé le son de façon différente puisque chaque scène a sa propre composition musicale, comme au cinéma.

Connaissiez-vous déjà le manga avant de travailler sur ce projet ? Quelle est sa force ?

Kenji Itoso : Oui, j’avais lu l’œuvre et j’en étais déjà très fan. J’étais cependant très loin d’imaginer que j’allais pouvoir adapter cette œuvre en anime un jour. Je connais également toutes les autres œuvres des auteurs puisque j’en suis fan depuis longtemps !

Est-ce que vous aimez le vin ? Avez-vous un cru favori ?

Kenji Itoso : J’ai appris à aimer le vin progressivement. En travaillant sur cet anime, j’ai appris à connaître et à apprécier le vin différemment. Dans cette découverte, j’ai ressenti un profond plaisir. En ce qui concerne mes préférences, j’aime les vins un peu plus doux même si mes choix restent assez larges.
Kazuya Kamenashi : J’adore le vin. Ce que j’aime aussi, c’est prendre un verre de vin blanc au lever du soleil. Particulièrement les Bourgogne, un pinot noir. C’est un petit plaisir.

Est-ce que les deux saisons ont prévu de couvrir tous les tomes ?

Kenji Itoso : Les 24 épisodes ne couvriront pas les 42 tomes mais je souhaite vraiment apporter une conclusion à la série.

M. Kamenashi, est-ce que votre historique d’acteur et de chanteur vous a aidé pour réaliser ce travail de doubleur ?

Kazuya Kamenashi : C’est vrai que cela est tout à fait utile pour m’aider sur la façon de travailler ma voix et de la poser.
Kenji Itoso : Kamenashi-san a toujours été très sérieux dans son travail tout en étant très raisonné. Au moment de doubler, lorsqu’on tourne les pages, il faut être capable de le faire sans bruit. Il y a toutes ces petites techniques à acquérir en tant que comédien de doublage au Japon. Et il n’a jamais eu honte de poser des questions, d’apprendre. C’est vraiment une chose que j’ai particulièrement appréciée.

Quel est votre sentiment à l’idée de rencontrer le public français et de présenter un anime qui met en vedette un produit qui fait partie de l’identité française ?

Kenji Itoso : Effectivement, d’un certain point de vue, il faut comprendre que cela est assez stressant pour la simple et bonne raison qu’une véritable culture du vin s’est constituée avec les vignobles et le temps. J’ai beaucoup de respect pour ça. J’aime beaucoup les pays européens, notamment la France. Même si c’est une œuvre réalisée au Japon, on va parler du territoire français. Certaines scènes se déroulent même en France et c’est avec un profond respect qu’on aborde ces thématiques.
Kazuya Kamenashi : J’ai vraiment hâte de rencontrer les fans français. C’est une œuvre très française en soit, puisque cela parle de la France. Le titre a aussi une symbolique très forte. Se retrouver face aux Français est alors une force.

En tant que Français, nous apprenons aussi beaucoup de choses sur le vin dans l’anime !

Kenji Itoso : C’est assez rassurant d’entendre cela ! Cela offre, même pour les novices, une belle ouverture sur le monde du vin.

La lumière et les couleurs ont une réelle importance. Comment avez-vous travaillé cela ?

Kenji Itoso : Tout à fait, ce sont des éléments très importants. Sur la couleur tout d’abord, il fallait travailler sur ce rouge qui est très particulier. Le vin n’est pas simplement rouge. Je voulais donner à la fois un aspect artistique et artisanal à l’anime et qu’il puisse être présenté partout. Il y a aussi un côté industriel. Pour apporter ces touches artistiques à l’anime, j’ai farfouillé sur le réseau social X et j’ai ciblé des profils d’artistes qui me plaisaient. Je leur ai alors envoyé des messages personnels pour discuter.

Comment fait-on pour passer du manga à la série puis à l’anime ?

Kenji Itoso : En fait, quand on parle de mangas au Japon, on va les distinguer en plusieurs catégories : les shojo, shonen et les seinen. Adapter un seinen en série télévisée avant de l’adapter en anime est très fréquent. Au-delà de se différencier de la série, l’intérêt de l’anime est de prendre davantage de plaisir à découvrir le monde du vin, un plaisir simple.

Pensez-vous que cet anime peut s’adresser aux personnes qui n’ont aucune connaissance de l’oenologie ?

Kenji Itoso : Oui indéniablement. Même une personne qui n’a aucune connaissance ou aucun intérêt pour le vin sera emportée par l’histoire. Elle sera happée par Shizuku, sa façon de communiquer et d’interagir avec les autres personnages. Il y a d’un côté un aspect très comique mais aussi un aspect très dramatique dans cette confrontation autour du vin. Les spectateurs vont apprécier ce voyage autour des différents cépages. C’est une réussite si ils parviennent à s’intéresser à cet univers-là. Les gens vont être plongés dans les relations très intenses entre les personnages.
Kamenashi Kazuya : Le message que je voudrais transmettre à travers cette œuvre-là, c’est que le vin est très humain : ses couleurs, ses relations entre les cépages. C’est une histoire corrélée au relationnel humain. Même les personnes qui ne connaissent pas le vin peuvent s’intéresser aux relations humaines profondes. De la même façon qu’un vin vient de la même terre, d’un même vignoble, des humains peuvent avoir les mêmes parents mais des frères et sœurs ne sont pas forcément identiques. Malgré l’origine commune, on peut se transformer. On dit aussi souvent qu’un bon vin est une bonne compagnie. Le vin crée et fédère du lien. Même si certaines personnes ne boivent pas, elles peuvent se réunir autour
du vin. Un vin est un peu comme l’humain.

Pour conclure, avez-vous un mot à adresser au public français ?

Kenji Itoso : Tout d’abord, je souhaite vous dire que vous allez avoir l’impression dans les épisodes 6 et 7 que les histoires sont très lourdes en émotions. Issei va se rendre dans le désert et une chose se produira, transformant alors son regard, sa relation avec Shizuku et son personnage. Le vin est le socle, la première dalle de l’histoire. Mais au fond, il va y avoir tout ce rapport aux relations humaines. Je souhaite que des mois plus tard, vous ayez toujours en tête votre rencontre avec les personnages. Ce qu’il est aussi important de comprendre, c’est qu’on a une scène importante, celle où on gravit une montagne. Il s’agit d’un élément très important. Je me consacre corps et âme à la réalisation de ce projet.
Kamenashi Kazuya : Présenter cette œuvre aux Français est un sacré défi. Mais je ne doute pas que cette alliance avec la France et ce titre qui parle de la France va donner naissance à un magnifique parfum !

Un grand merci aux talents, aux équipes de Crunchyroll et Japan Expo pour cette
opportunité.
Interview réalisée en collaboration avec KAvenyou et Nautiljon.
Photo ©Tadashi Agi/Shu Okimoto, Kodansha / The Drops of God Anime Production Committee

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How do you convey the taste of wine through an image? How do you translate its aromas, texture, and the emotions it evokes without ever letting the viewer taste it? This is the challenge taken up by the animated adaptation of “The Drops of God”-a cult classic created by Tadashi Agi and Shu Okimoto-which is now embarking on a new chapter following the
original manga and an earlier live-action drama adaptation. To bring this new version to life, director Kenji Itoso enlisted a performer who already knows the character intimately: Kazuya Kamenashi, who played Shizuku Kanzuki in the 2009 live-action series and now lends him his voice. A fascinating parallel emerges between the actor and his character: just as
Shizuku gradually uncovers the secrets of wine, Kazuya Kamenashi was himself venturing into the world of voice acting for the first time.

During their visit to Japan Expo, we met with Kenji Itoso and Kazuya Kamenashi to discuss this new adaptation, the challenge of giving wine a sensory reality through sound and imagery, and their personal connection to a work that so passionately blends oenology with human relationships. In a mix of interviews and press conferences, the two men also reflect on the project’s origins, the role of nostalgia in a contemporary adaptation, and the unique bond linking this work to France-the homeland of winemaking.

Could you introduce yourselves?

Kazuya Kamenashi: My name is Kamenashi, and I voice the character Shizuku in Kami no Shizuku (The Drops of God).
Kenji Itoso: I am Mr. Itoso, the director of The Drops of God.

The Drops of God is a highly acclaimed manga, but it is also a work that takes a very sensory approach to wine—making it notoriously difficult to adapt. Did you have any concerns when you started working on this project?

Kenji Itoso: Indeed, it was quite a challenge, especially since we decided—in agreement with the authors- to omit certain parts of the original story. We worked closely with the authors to create something that remained true to the spirit of the story, much like memories. However, conveying tastes, scents, aromas, and textures is genuinely difficult. So, striking the right balance between sound and visuals was crucial for us. We played with both elements to create a sense of aroma through the ears and the eyes instead of the nose.
Kazuya Kamenashi: It’s true that conveying the full range of sensations experienced on the palate when drinking wine was part of the challenge of this anime. All those aspects are what can create the “click”, or the moment of realization that opens the door to the world of wine and we wanted to find a way to visually convey those emotions.

The work has been around for over twenty years. How did you approach this adaptation to satisfy both long-time readers and audiences discovering The Drops of God for the first time?

Kenji Itoso: Of course, we wanted to satisfy long-time readers; but just as wine evolves, some of our choices also evolve over time and differ from the original work. At the same time, it was crucial to preserve the nostalgic aspect of the manga. This was one of the questions we had to answer: “What nostalgic elements could we include in the anime without them feeling out of place or distracting?” Why did we face that challenge? For example, let’s talk about the Alta building in Shinjuku, which appears in the manga. Since last year, this building no longer exists. But it serves as a vehicle for nostalgia awakening memories for many people. It is iconic enough to evoke that feeling. On the other hand, trends in Japan change rapidly. Popular places and cultural phenomena are constantly evolving. If we had adapted everything exactly as it was in the drama without taking those changes into consideration, modern audiences might not have been able to connect with it, as certain period-specific references could easily feel outdated today. So we had to strike a balance between preserving the elements that evoke nostalgia and reimagining them within a contemporary setting.

As a director, can you tell us what particularly appealed to you in Kamenashi Kazuya ?

Kenji Itoso: When preparing a series, it is important to look at all the works that have already been produced. Of course, there is the manga, but there is also the live-action series. As I researched The Drops of God, I gradually came to realize that the only person who could truly portray this role was Kazuya Kamenashi. I was fortunate that he accepted my offer.
In the same way that Kamenashi-san was discovering the world of voice acting, Shizuku himself was a beginner in learning about the taste of wine. This journey of discovery, this blossoming of knowledge about wine, can be paralleled with Kamenashi-san’s own discovery of voice acting. I felt there was a strong parallel to be drawn, both thematically and artistically. Another important point is that Shizuku comes from a well-to-do family, has received an excellent education, and carries himself with great elegance. I could also sense that same presence and dignity in Kamenashi-san. In that respect, he ticked every box for the role.

Mr. Kamenashi, how did you feel when you were offered the opportunity to voice Shizuku after you portrayed him in the live-action drama?

Kazuya Kamenashi: Above all, it came as a huge surprise, as I never imagined that I would be asked to take on this role again. It felt as though the wheel of fate had come full circle and brought me back to Shizuku. Having the opportunity to portray him once again shows just how strong the connection between us is.

At a press conference, director Kenji Itoso and voice actor Kazuya Kamenashi shared further details about the behind-the-scenes aspects of the animated series…

Hello and thank you for coming to Japan Expo. First of all, is it your first time coming to France?

Kenji Itoso: Personally, I’ve been to France several times before, both to take part in the Cannes Festival and for researches while preparing the anime adaptation of The Drops of God. That gave me the opportunity to visit various wineries.
Kazuya Kamenashi: My first trip to France was about twenty years ago. I also covered the Olympic Games in 2024. And I’ve also visited on my own with my mother on my personal time.

The initial manga, published between 2004 and 2010, has already been adapted into a drama. How did you approach this work when you decided to make an anime adaptation?

Kenji Itoso: Since the manga was first created, the world of wine has changed considerably. The value of different wines has changed, and it is also easier to buy wine around the world. What I noticed upon watching the drama starring Kamenashi Kazuya was that it didn’t necessarily focus on showcasing this other world through wine. What I felt was important to emphasize in the anime was wine’s texture and intrinsic value.

Mr Kamenashi, was it difficult to try out dubbing for the first time?

Kazuya Kamenashi: It was my very first experience, I discovered the job from A to Z as a beginner. But I had the chance to be really well supported by all the teams who worked on it.

Did you change your interpretation of the character compared with your role in the live-action series?

Kazuya Kamenashi: What was really different was my approach to acting. When I play a character in a live-action series, I create my own image of that character, and my performance grows from that image. Here, it was the exact opposite. The visual interpretation already existed, and I had to fit within it. I also had to convey emotions that were already predetermined, which is a major difference. I also needed to match Shizuku’s age as closely as possible, so I had to use a higher-pitched voice. Every time I entered the recording studio, I would warm up my voice with a few exercises to place it exactly where it needed to be.

Each episode adapts one volume of the manga. Was there a particular reason for moving at such a fast pace?

Kenji Itoso: The answer is actually quite simple. Very early in the production process, we decided that the adaptation would consist of 24 episodes spread across two seasons. We also needed to determine how we would work within that framework. Together with the original creators, we discussed the pacing of the adaptation. They suggested that we should approach the material differently during the adaptation process. We therefore decided to adapt one volume per episode, even though this means removing certain elements. This allowed us to immerse viewers fully in the world of The Drops of God while still covering all twelve challenges.

What was the most memorable moment during one of your recording sessions?

Kazuya Kamenashi: The emotional shifts were probably the most striking aspect. At one moment I would be crying, and just a few seconds later I’d have to cheerfully say, “Good morning!”. We record the scenes one after another, so you need to be able to switch emotions in less than a minute. That flexibility was something that really surprised me. Whenever I found myself in the recording studio alongside twenty or so professional voice actors, I couldn’t help thinking how incredible they were. Watching them move from one emotion to another so effortlessly left a lasting impression on me. Another memorable moment was when we all had to constantly switch between four microphones in a sort of endless back-and-forth. Reading our scripts while changing positions was actually quite fun. Since we were recording a party scene, the teams in the background were creating crowd noises, conversations, and various sound effects, making the atmosphere incredibly lively.

In your directing process, do you strictly follow the original manga, or do you allow yourself to add your own creative touch?

Kenji Itoso:First of all, we checked with the publishers to determine what we was allowed to do or not. They gave us complete creative freedom, just as they did for the live-action series. Even so, I wanted to remain as faithful as possible to the original work. There were certain elements that had to be omitted for the adaptation, but if we’re talking about new material, we can mention the original wine challenges that were added. These were created by the manga authors themselves. Visually speaking, we also made some adjustments. For example, we redesigned Miyabi to look cuter and younger so that she would be better suited to animation. We also approached the soundtrack differently : every scene has its own musical composition, much like in a movie.

Were you already familiar with the manga before working on this project? What do you think is its greatest strength?

Kenji Itoso: Yes, I had already read the manga and was a huge fan of it. However, I never imagined that one day I would have the opportunity to adapt it into an anime. I’m also familiar with all of the author’s other works, as I’ve been a longtime fan.

Do you enjoy wine? Do you have a favorite variety?

Kenji Itoso: I’ve grown to appreciate wine more and more over time. Working on this anime taught me to discover and enjoy wine from a completely different perspective, and I found that experience deeply rewarding. As for my preferences, I generally enjoy slightly sweeter wines, although my tastes are fairly broad.
Kazuya Kamenashi: I love wine. One thing I especially enjoy is having a glass of white wine at sunrise. I also particularly like Burgundy wines and Pinot Noir. It’s one of my littlepleasures.

Will the two seasons of the anime cover the entire manga?

Kenji Itoso: No. Twenty-four episodes won’t be enough to adapt all forty-two volumes. However, I truly hope we’ll be able to bring the story to its conclusion one day.

Mr Kamenashi, did your experience as an actor and singer help you in your work as a voice actor?

Kazuya Kamenashi: Absolutely. My background has been very helpful, especially when it comes to controlling my voice and learning how to place it properly.
Kenji Itoso: Kamenashi-san has always approached his work with great seriousness and thoughtfulness. In Japanese dubbing, there are countless small techniques you need to master. Even something as simple as turning the pages of your script has to be done silently while recording. Kamenashi-san never hesitated to ask questions or admit when he wanted to learn something new. That willingness to learn is something I really admired.

How does it feel to meet French audiences and present an anime focusing on a product that is so rooted in the French identity?

Kenji Itoso: In a way, it’s quite intimidating. France has a rich and deeply rooted wine culture built over centuries through its vineyards and traditions, and I have enormous respect for that. I love Europe in general, and France in particular. Although this is a Japanese production, much of the story takes place in France. Some scenes are even set there, and we approached every aspect of French culture with the utmost respect.
Kazuya Kamenashi: I’m really looking forward to meeting French fans. In many ways, this is a very French work, since it revolves around France and its wine culture. Even the title carries a powerful symbolism. Being able to present it directly to French audiences is a wonderful opportunity.

As French people, we actually learned a lot about wine from the series!

Kenji Itoso: That’s very reassuring to hear! I hope the series opens the door to the world of wine, even for complete beginners.

Light and color play a very important role in the anime. How did you approach that
aspect?

Kenji Itoso: Absolutely, they were essential elements. The color palette, in particular, required a great deal of attention since the wine is not just red for instance. Wine has an incredibly nuanced range of shades. I wanted the anime to have both an artistic and handcrafted feel while still being able to introduce it to audiences everywhere. At the same time, there is also an industrial side to the production. To achieve that artistic quality, I searched through social media X, looking for artists whose work resonated with my
intentions. I then contacted them personally to discuss the project.

How does a work evolve from manga to live-action series and then to anime?

Kenji Itoso: In Japan, manga are generally categorized into genres such as shōjo, shōnen, and seinen. Adapting a seinen manga into a live-action drama before turning it into an anime is actually quite common. Rather than trying to distinguish ourselves from the live-action version, our goal with the anime was to allow viewers to immerse themselves more deeply in the world of wine and simply enjoy that journey.

Do you think this anime can appeal to people who know nothing about wine?

Kenji Itoso: Absolutely. Even someone with no knowledge nor interest in wine will be drawn in by the story. They’ll become invested in Shizuku, in the way he communicates and interacts with the other characters. The series balances comedy with powerful drama through its conflicts surrounding wine. Viewers will enjoy discovering the different grape varieties and wine-growing regions, but above all, they’ll become immersed in the intense relationships between the characters. If people who initially had no interest in wine end up becoming curious about that world, then I would consider the series a success.
Kazuya Kamenashi: The message I’d most like to convey through this work is that wine is profoundly human. Its colors, the relationships between grape varieties, the way different wines develop, all of these reflect human relationships. Even people who know nothing about wine can connect with the emotional bonds portrayed in the story. Just as wines may come from the same vineyard or the same soil yet develop distinct characteristics, siblings may share the same parents but grow into completely different people. We all share common roots, yet each of us evolves in our own unique way. Plus, people often say that a good wine is good company. Wine brings people together and creates connections. Even those who don’t drink can gather around a bottle of wine and share meaningful moments. In many ways, wine is a reflection of humanity itself.

To conclude this conference, do you have a message for your French audience?

Kazuya Kamenashi: No, not at all! (laughs)
Kenji Itoso: First of all, I’d like to say that episodes six and seven may feel particularly emotionally heavy. Issei will travel into the desert, where something significant will happen that transforms his perspective, his relationship with Shizuku, and ultimately his character. Wine forms the foundation of the story, but at its heart, this is really a story about human relationships. I hope that, months after watching the series, audiences will still remember the characters they encountered. There is also a very important scene in which the characters climb a mountain. That sequence carries special significance. I give myself body and soul to making this project happen.
Kazuya Kamenashi: Presenting this work to a French audience is a huge challenge. But I’m convinced that bringing together France and this story which is so deeply connected to French culture will give rise to something truly beautiful, to a wonderful fragrance.

A big thank you to the talent and the Crunchyroll and Japan Expo teams for this opportunity.
Interview conducted in collaboration with KAvenyou and Nautiljon.
Photo ©Tadashi Agi/Shu Okimoto, Kodansha / The Drops of God Anime Production Committee

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