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[CULTURE] Iida : un joyau de nature à découvrir dans la préfecture de Nagano

Iida rayonne en pleine saison estivale. Une fois la saison des pluies passée, la -pas si- petite ville de la préfecture de Nagano, en plein cœur du Japon, retrouve ses visiteurs d’un instant, les évadés de la campagne, les familles des personnes âgées ou ceux qui se perdent sur le chemin entre Tokyo et Nagoya. Pour les amoureux de la nature, Iida est un eldorado, et ses paysages sauvages de montagnes et de plaines envoûtent toutes les âmes venues se ressourcer, avide de calme et de dépaysement.

Iida, c’est aussi une ville au rôle essentiel dans la transmission des traditions : entre son théâtre de marionnettes reconnu dans tout le japon, ses maisons de thé où l’on peut, lors de situations exceptionnelles, faire expérience de la traditionnelle cérémonie du thé dans le plus grand secret et ses lieux qui ont même inspiré quelques réalisateurs et artistes, Iida est aussi le berceau d’un esprit associé à la campagne japonaise.

Il faut environ 4 heures en bus de Shinjuku, dans la capitale, pour atteindre Iida, qui acquiert officiellement son statut de ville en 1956. Le voyage en bus est délicieux tant les paysages nous bercent : les maisons traditionnelles embrassent les lacs, et les vallées côtoient les petits villages. Quand la brume recouvre la vallée, on s’imagine presque dans un film des studios Ghibli. Une fois arrivé à l’arrêt de bus prêt d’un grand supermarché qui expose les produits de la région et de la préfecture, notamment les confitures de pomme, spécialités de Nagano, le dépaysement est total. La température avoisinant les 40 degrés est difficile à supporter, mais Iida a plein de choses à nous montrer.

La France n’est pas non plus méconnue des habitants de Iida. La raison ? Un jumelage fait avec la ville de Charleville-Mézières en 1988 grâce à deux marionnettistes qui ont échangé leur savoir et surtout leurs techniques autour de la construction des fils de marionnettes, différentes entre l’Europe et l’Asie. D’ailleurs, la même année, Iida connaît une affluence de visiteurs à l’occasion de l’inauguration du théâtre de marionnettes et du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes. Un détour par le théâtre et le musée des marionnettes s’impose alors et l’un des derniers marionnettistes de la ville se donne à cœur joie de nous faire une petite démonstration. Dans un silence où la sérénité est à son paroxysme, l’artiste surprend par sa technique, sa délicatesse et la finesse de ses mouvements, à tel point que la marionnette devient vivante.

Iida mêle différents arts. Entre le shodo -la calligraphie japonaise- et le mizuhiki -le tissage de fils-, Iida est l’endroit idéal pour expérimenter tout en se ressourçant. Mieux vaut toutefois maîtriser la langue pour pouvoir échanger avec ces experts mus par la transmission du savoir dont ils ont hérité. Le mizuhiki, de son étymologie “conduire l’eau” est un art de tissage de cordelettes ou de petits tuyaux en plastique colorés. Il consiste à superposer ces petits fils dont chaque couleur correspond à une formule porte-bonheur (la chance, l’amour, la réussite, la santé) en faisant des nœuds. Après des années d’entraînement, vous pourrez bien réussir à créer des grues et autres symboles du pays.

Iida est aussi une ville de secrets : les personnalités de la ville et les artistes savent aussi protéger leur patrimoine et leur héritage. La cérémonie du thé se fait dans le secret le plus total et on vous défit de réussir à tenir la position du seiza sans avoir de crampes. Après avoir dégusté un petit bonbon en sucre, c’est avec fascination et grand respect que l’on peut observer l’artiste s’adonner à la cérémonie. Après avoir été servi, tournez deux fois le bol dans vos mains, et buvez le thé au macha tout en gardant votre posture et en évitant les grimaces malgré l’amertume.

La fascination pour Iida, une ville reculée et presque inconnue de la jeunesse japonaise, est telle que des réalisateurs ont décidé d’y mettre les pieds afin de retrouver ce soupçon de tradition et ce souffle ancestral. Un pied mis dans une école primaire nous transporte immédiatement dans un film : une classe est même décorée des posters d’un drama dont elle s’est fait le refuge, avec Ninomiya Kazunari des Arashi pour acteur principal. Le retour en enfance est inévitable !

Les habitants se retrouvent lors des matsuri d’été, pour apprécier les feux d’artifices et s’adonner à la danse bon-odori. Les soirs de matsuri, les jeunes femmes s’habillent de yukata et donnent rendez-vous à leur petit-ami pour déguster des takoyaki et boire une bière bien fraîche. La fraîcheur de la nuit éveille les sens, et l’on ne peut rester insensible aux étoiles qui décorent le ciel. Véritables lieux de sociabilité, les matsuri sont aussi l’occasion d’honorer les musiciens de la ville, les danseuses, et les personnes qui agissent pour la communauté. Avec 100 000 habitants pendant l’année, Iida se peuple davantage l’été, pendant le O-bon, le départ en vacances des japonais.

Ce qui reste toutefois le plus impressionnant à Iida, au-delà de ses activités, c’est la grandeur de sa nature. En été, Iida fascine par sa beauté, ses montagnes et sa verdure. La ville s’étend sur un espace très large, et les ballades sont donc plus nombreuses. Au rythme des chants des semi, les cigales japonaises, presque assourdissants parfois, il est facile de s’aventurer sur un sentier inconnu, et d’apprécier le craquement des bouts de bois sous ses chaussures, ou encore l’odeur d’un petit bout de forêt.

Les paysages de Iida offrent un havre de paix qui n’est pas négligeable quand on est en voyage au Japon. Avec le trop-plein d’informations qui nous assomme parfois dans les grandes villes, savourer une petite ballade en montagne devient nécessaire. Onirique et isolée, Iida dénude de toutes pensées nocives, et ouvre les portes de l’imagination et du rêve. Tremper ses pieds dans l’eau, prier au temple, ou savourer un petit bain pour les pieds en montagne devient un luxe dont vous ne pourrez plus vous passer !

Source images : ffje 

 

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