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[JAPAN EXPO 2019] Du visual kei à plein régime avec l’ouragan DADAROMA !

L’édition 2019 n’a pas seulement marqué les 20 ans du festival Japan Expo, il a aussi célébré quelque chose de spécial dans le coeur des fans de J-Music : le retour tant attendu du visual kei sur le festival !

Si vous êtes fan du genre, ce n’est pas un fait nouveau pour vous : les organisateurs de concerts et festivals sont majoritairement de plus en plus frileux à faire venir en Europe ces artistes typiques de la culture nippone, les ventes de tickets pour ces shows se faisant éclipser par les évènements mettant en scène des artistes plus mainstream. Le retour du visual kei sur le festival Japan Expo a donc été une annonce accueillie avec beaucoup de plaisir auprès de la communauté fan de J-Music, et auprès de notre équipe également !

Une sympathie sans égale

Pour leur toute première escape européenne, DADAROMA ont été programmés sur trois des quatre jours du festival : jeudi, vendredi et dimanche. Ils ont ainsi inauguré le premier jour de cette édition des 20 ans en allant saluer leurs fans lors d’une séance de dédicaces.

Alors que plusieurs dizaines de fans faisaient la queue pour rencontrer leurs protégés du jour, DADAROMA se sont montrés très ouverts et sympathiques, affichant un réel plaisir à ces rencontres de proximité. Si on a souvent l’image forte et impressionnante des groupes de visual kei, DADAROMA se sont montrés aux antipodes de la représentation que l’on peut se forger de ces formations.

Tous sourires, les quatres membres du groupe n’ont pas hésité à échanger quelques mots avec leurs fans, et on a pu constater que le plaisir était totalement partagé des deux côtés lors de cet échange rarissime. DADAROMA n’ont d’ailleurs pas hésité à prendre quelques photos avec leurs fans, histoire de leur laisser un souvenir immortel de ce moment privilégié, sans oublier de mêler l’humour à leurs discussions.

Mais ce n’est pas simplement en séance de dédicaces sur les Sumire que DADAROMA ont affiché une proximité aisée avec leur public français, c’est également lors d’un atelier culinaire totalement inattendu ! En milieu d’après-midi, le quatuor a pris la direction de la scène Washoku – l’espace de démonstrations culinaires de Japan Expo -, où une collaboration improbable et incroyable avec Gastronogeek lui a été proposée ; les garçons ont répondu positivement à l’invitation et se sont donc improvisés commis de cuisine pendant près d’un heure.

Plein d’humour, bien que pas forcément des plus habiles en cuisine comme ils nous l’ont confié lors de leur interview, DADAROMA ont offert un cocktail détonnant face au public et ont malgré tout pris leur mission très au sérieux en suivant attentivement tous les conseils de Gastronogeek. Même si on doute qu’émincer des oignons soit une vocation pour les membres du groupe qui craignaient de ruiner leur maquillage, ils ont joué le jeu jusqu’au bout et n’ont pas hésité à mettre la main à la pâte en préparant le fameux Qīngjiāo ròu sī. Si ce plat chinois – mêlant principalement de la viande frite à des poivrons verts – a été sélectionné soigneusement par Gastronogeek, c’est parce cette recette apparaît dans le premier épisode de l’anime Cowboy Bebop. Cette prestation d’une heure sur la scène Washoku a été ainsi une occasion parfaite pour le festival d’attirer des amateurs de plusieurs univers différents, de la cuisine à la musique en passant donc même par l’animation !

Le visual kei, quand les apparences obscurcissent la performance ?

Il faut le dire, cette facilité déconcertante à pouvoir communiquer et même plaisanter avec un groupe de visual kei – tout du moins en Europe -, n’est pas quelque chose auquel on est habitué.

Aux racines même du visual kei, l’apparence est absolument primordiale et a forgé l’identité des nombreuses formations qui se sont succédées au fil des années. Mais cette course à l’excellence en ce qui concerne l’apparence a malheureusement plus d’une fois mis à mal les talents de communication des groupes qui se sont produits ici, allant même jusqu’à des concerts avec absolument aucune alchimie palpable entre l’artiste et le public. Trop préoccupés à faire attention à leur image impeccable, beaucoup de groupes de visual kei ont mené ici des shows qui sont certes irréprochables musicalement parlant, mais qui n’ont pas établi de lien avec le public ; dommage au vu de la rareté de ces concerts et de la qualité instrumentale et vocale.

Et c’est en ça que DADAROMA apportent un vent de fraîcheur, et sûrement l’un des secrets de leur réussite malgré les difficultés actuelles du milieu : ils n’hésitent pas à se lâcher, à se montrer sincères, et à faire passer au premier plan le divertissement de tous. Tout cela passe par leur propre épanouissement artistique et personnel sur scène, et offre ainsi des performances où tout le monde se sent emporté. DADAROMA ont le star power, et des talents de communicants hors-pair, et tout ce côté fou et incontrôlable ne leur retire en rien leur crédibilité et légitimité musicale. N’auraient-ils pas percé le secret de la réussite de la nouvelle génération visual kei ?

De vrais meneurs de scène

C’est ainsi sur la scène Tsubamé que DADAROMA ont continué de séduire le public ! En plein après-midi du jeudi, juste après les idols de Task Have Fun, le changement d’ambiance sur Tsubamé a été radical ! DADAROMA a pris possession de la scène sous les cris des fans. Le groupe était définitivement l’un des plus attendus et a livré une prestation épatante, sur cette scène malgré tout limitée par son emplacement et sa taille. Yoshiatsu, Ryohei, Tomo, et Takashi étaient dignes d’une mascarade fascinante.

Très théâtralisée, leur performance a démarré sous le signe de la subversion, avec le morceau “Masturbation” (2017). Yoshiatsu, le chanteur, est un interprète hors-pair : sa gestuelle, son maquillage, ses expressions faciales et sa voix en font quelqu’un d’extrêmement talentueux, prêt à prendre possession de toute la convention. L’énergie mise au service du mini-showcase a été folle et Yoshiatsu a chauffé la salle à coups de “scream” et de “jump”. Les fans du premier rang se sont alors laissés porter par les basses ultra-profondes du morceau et le solo de guitare électrique ! Puisque les DADAROMA ont joué à fond la carte de la provocation pour cette introduction à la scène européenne, ils ont ensuite interprété la chanson “The Kinky” (2018).

Un grand bravo à ces garçons qui n’ont pas froid aux yeux et qui se laissent transcender par la scène. On espère qu’un jour, ils fouleront le parquet d’une vraie salle parisienne. En attendant, Yoshiatsu a pris la parole – en japonais – pour remercier les fans, déclarant par la même occasion que le public français est génial et annonçant que le groupe fera un live sur la scène Karasu – auquel l’équipe s’est hâtée d’assister – le dimanche. En bref, le public en a pris plein les yeux et les oreilles et n’a souhaité qu’une chose : prolonger cet instant de transe. Alors que le batteur Ryohei faisait preuve d’une énergie explosive, le bassiste Tomo n’a cessé de sauter partout, quitte à prendre le risque de perdre le bouquet de fleurs qui ornait si bien sa chevelure. Même certains badauds, peu habitués à des groupes comme DADAROMA, ont semblé s’étonner de cette performance aussi théâtrale que rock !

Un naturel au-delà de la scène

Comment passer à côté de ce groupe qui a définitivement marqué notre expérience lors de la convention ? En effet, un rendez-vous a été donné côté presse aux membres de DADAROMA pour une entrevue unique en son genre. Il y a quelqus jours, l’équipe vous a alors proposé de découvrir une discussion qui a éclairé bien des choses sur les intentions et les ambitions des quatre artistes. Avec beaucoup de sérieux, loin de la performance déchaînée et détonante, le groupe nous a livré ses quelques petites pensées. Pour le coup, on y a découvert un bassiste et un guitariste plus bavards, et un batteur plus en retrait et réservé que ce qu’on avait vu sur la convention Japan Expo plus tôt dans la journée.

Si vous vous demandiez comment se comportent les artistes visual kei en dehors de la scène, on pourrait vous répondre tout simplement que cela dépend des groupes, visual kei ou non d’ailleurs… En ce qui concerne DADAROMA, force est de constater que les quatre membres du groupe sont tout aussi accessibles et libres de leurs mouvements qu’ils le sont face au public !

N’hésitez pas à découvrir notre interview avec DADAROMA, d’ores et déjà disponible sur le site !

Merci à Japan Expo pour ces 20 ans inoubliables, et à DADAROMA pour cette venue exceptionnelle !

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